Cinémathérapie : il y en aura pour tout le monde, parole d’expert-e-s ! EPISODE 6

Cinémathérapie : il y en aura pour tout le monde, parole d’expert-e-s ! EPISODE 6

16/02/2021 2 Par Cinémathérapie


Cinéthérapie : sport d’équipe pour grands & petits


Cinéma et Psychologie

Bonjour Virginie Lemaire de Bressy et bienvenue sur le blog Ciné, ma thérapie dans le cadre de notre session “Cinéma thérapie il y en aura pour tout le monde paroles d’expert-e-s

(cliquez ici pour une interview vidéo de Virginie Lemaire de Bressy)

Et bien écoutez je suis ravie de pouvoir interviewer une collègue cinémathérapeute !

Je vais peut-être vous laisser vous présenter brièvement…

Bonjour, ravie également de discuter cinémathérapie avec vous !
Je suis psychologue, docteure en psychologie,  préparatrice mental, donc spécialisée avec les sportifs… coach en développement personnel, et bien sûr cinémathérapeute comme vous l’avez justement dit.

Vous disiez que vous êtes docteure en psychologie : quels liens faites-vous entre cinéma et psychologie ?

C’est une forme d’art thérapie qui permet d’accompagner les personnes vers un mieux-être de façon progressive et ludique.
Le cinéma permet d’aller plus facilement en profondeur puisque on passe par des intermédiaires (personnages et situations à l’écran)…
Ce qui est plus simple que d’avoir la sensation de s’attaquer directement à soi.

Les films permettent ainsi d’aller plus loin et de trouver les justes leviers pour aider la personne à passer certains caps, à se motiver, à mieux se connaître


Rôles du cinéthérapeute


Par rapport à votre rôle de cinémathérapeute, comment le concevez-vous ?

Je suis là en tant que cinemathérapeute pour écouter la personne parler, saisir dans son discours ce qui l’anime, ce qui la motive vraiment.

Quand j’arrive à saisir cette étincelle chez une personne, je l’amène à la développer davantage, et ça me permet de l’aider à trouver les fameux leviers dont on parlait tout à l’heure…

Ensuite, de manière plus ou moins directe, la personne peut avancer et évoluer à son rythme de façon fluide et internalisée. Puisque elle s’est servie de ce qui était venu l’émouvoir, la motiver, l’inspirer…
Les ressources qu’elle développe viennent vraiment d’elle et la touchent au plus profond d’elle-même.

Alors, ça peut être au détour d’un film ou d’une autre forme d’art.
Mais le cinéma, au sens très large, à cet avantage de jouer sur un maximum d’émotions, un maximum d’intelligences …
Donc, ça vient faire vibrer la personne dans sa globalité.

cinetherapie et art therapie


Filmothérapie et sport : visualisation et motivation

Vous évoquiez tout à l’heure dans votre présentation, le fait d’être “préparatrice mentale” donc dans le milieu sportif

Pouvez-vous nous en dire un petit peu plus sur la cinémathérapie auprès de ce public ? Est-ce pertinent ou pas ?
Vous auriez des films à recommander sur le sujet du sport, de la compétition ?

Alors c’est extrêmement pertinent dans le milieu du sport !
Je m’en sers vraiment très régulièrement, parce que, comme on l’a dit tout à l’heure, ça aide à trouver une juste motivation.

Une fois que le sportif connaît ce qui le motive, ce qui l’anime, il va être capable de déclencher l’énergie dont il a besoin, au moment où il en a besoin. Et ça, ça lui permet de décupler ses capacités, et d’être un maximum efficace.

La cinémathérapie favorise aussi la récupération quand on trouve, en s’appuyant sur des films, l’ “espace ressourcedans lequel le sportif peut aller récupérer l’énergie et construire l’état émotionnel qu’il désire

Il n’y a pas spécifiquement de films à recommander sur le sujet puisque c’est une question de gout, d’expérience vécue, de moment, de contexte…c’est vraiment personnel…

Et ça peut aller chercher très loin dans les images : ça peut être des séries, des films, des dessins animés… C’est très vaste.

Comme c’est propre à chacun, je peux néanmoins vous dire les films qui m’ont beaucoup motivée dans le sport
et je vais être très classique en parlant des “Rocky Balboa“, qui sont  très pertinents, l’air de rien, sur le sujet du mental

Trouver film à son oeil !

Avec les sportifs avec qui je travaille, ce sont des films très variés qui ressortent…
Dernièrement, j’ai eu l’occasion d’aborder l’épisode 3 de Star Wars pour déclencher une “image ressource” qui permettait de motiver le sportif juste avant un départ en natation.

Je peux citer aussi  “Jurassic Park” pour activer la vitesse en rallye ou des films de Bruce Willis pour booster la détermination et la résistance en ultra-trail.
Les mangas, tels que « One piece » ou « Dragon Ball » reviennent aussi souvent pour activer l’énergie et la motivation de gagner…

À chaque fois, c’est le sportif qui trouve le film ou le dessin-animé qui sera efficace pour lui.

Pour les plus jeunes sportifs, le dessin-animé “Cars” est parfait pour commencer à parler des valeurs du sport et du mental de sportif… C’est très bien vu !

Vous l’aurez compris, pour accompagner les sportifs, on n’est pas obligé de rester cantonné dans le domaine du sport au niveau des films, vu que c’est vraiment une motivation spécifique à chacun.

Il suffit juste d’être capable d’écouter ce qui vient, de saisir, comme je vous disais tout à l’heure, ce qui allume la lumière dans l’œil du sportif (rires)


Passionnée de cinéma depuis enfant !


Vous parlez de ce qui est spécifique à chacun-e, de singularité…

Est-ce que vous pourriez nous parlez de vous, de votre rapport au cinéma ? Comment est-ce que vous l’avez découvert enfant ?
Si, par exemple, votre famille était cinéphile ou pas ?
Si vous vous souvenez de votre premier film ou dessin animé ?

J’avoue que j’ai toujours été très passionnée par le cinéma.
Depuis toute petite
.

Je me souviens de quand j’étais enfant, le Noël au travail de mon père… C’était d’aller voir le dernier Disney de Noël.

Donc il y avait ce côté “famille”, “magie du Disney”, “cadeaux”…
C’était très contextualisé “plaisir, moment de partage”. J’ai toujours adoré ces moments-là.

Je crois que le premier film que j’ai vu, je devais être assez petite…
Et en tout cas le premier, dont j’ai un souvenir c’est un Disney et c’était “Taram et le chaudron magique“.


Je me rappelle avoir été fascinée par ce monde fantastique, toutes ces aventures que pouvait vivre un personnage qui ne paraissait pas du tout un héros au premier abord
Et qui pourtant était capable de grandes choses, rien qu’en étant motivé, malin, déterminé.
J’ai été vite admiratrice de toutes ces qualités, et je pense que le cinéma m’a aidée à me les approprier à mon niveau.


Home cinéma” : plaisir familier et familial !

Après je pense que ma famille, oui, est un petit peu cinéphile… Notamment mon père.

Même si on n’allait pas au cinéma très souvent. Parce que ça n’était pas non plus une sortie qu’on pouvait faire toutes les semaines !
Mais quand on regardait des films, le soir à la maison, ça restait des moments à chaque fois agréables, de partage en famille. Et ce, de l’enfance jusqu’à ce que je parte de la maison.

Donc, c’est vrai que ça a toujours été un bon moment d’échanges. On pouvait vivre des aventures très intenses, pleine d’émotions, tous ensemble.


Pourquoi un livre sur les dessins animés ?

Ça nous amène du coup à votre livre, “Cinémathérapie par les dessins animés, grandir et s’épanouir en famille“.
Est-ce que vous pouvez nous raconter la genèse de ce livre ? Pourquoi un livre sur le dessin animé ?

Et bien justement, je pense que c’est à la base de mon histoire
Quand je suis partie faire ma vie d’adulte, je me suis rendue compte à quel point, tous ces films, tous ces voyages de héros, avaient pu m’inspirer. J’y ai notamment puisé certaines des armes, je dirais, qui m’ont permis d’avancer dans la vie
Comme cette foi en la vie, qui m’amène à penser souvent que même dans les pires difficultés, il y a toujours des solutions !

C’est une idée que l’on retrouve systématiquement dans les films d’aventure, et notamment dans les dessins animés

J’ai la conviction que le cinéma et les dessins-animés ont eu un impact positif sur ce que je suis devenue.

Je me suis dit que si ça avait marché pour moi, il y avait sans doute la possibilité que ça marche pour d’autres.


Qui a inventé la Cinémathérapie ?!


Et puis, j’ai appris et observé au travers de mon parcours professionnel

Je me suis rendue compte qu’en passant par certains héros, par certaines scènes, les sportifs -et tous les particuliers également- arrivaient à décupler leurs capacités et ressources.

Et plus j’ai pu le voir, plus j’ai eu la confirmation que ce n’était pas un phénomène unique.
J’ai commencé à faire des recherches sur le sujet.

Pour être honnête, au début, j’ai même cru avoir inventé la cinémathérapie ! Mais non ! (rires) Ça n’a pas été le cas !

Je me suis rendue compte qu’en fait c’était quelque chose qui existait depuis le milieu des années 90 aux États-Unis. (cliquez ici pour un article sur l’historique de la cinémathérapie)

J’ai fait des recherches pour étoffer mon expérience et en savoir plus sur cette thérapie intéressante et efficace. J’ai également fait une formation sur la cinémathérapie pour enfants et adolescents.

Les dessins-animés se sont imposés d’eux-mêmes car ils sont la première source d’image audio-visuelle à laquelle nous avons accès lorsque nous sommes enfants.
Ils s’ancrent donc plus facilement dans notre esprit et peuvent influencer plus aisément notre construction en tant que personne.

Bien utilisés, ils peuvent booster l’imagination, la confiance, la capacité d’adaptation, la motivation… et ils peuvent intéresser tous les spectateurs, des plus jeunes aux plus vieux.


Conditions à la cinéthérapie : un minimum d’imagination…

La cinémathérapie s’adresse à tous les publics, puisque c’est assez facile de toucher quelqu’un avec sa “banque d’images” personnelle…
Mais il faut être capable d’aller chercher ce qui touche la personne.

Maintenant, je dirais qu’il est préférable d’avoir un minimum d’imaginaire
Les personnes qui sont très, très, ancrées dans le réel, ne vont peut-être pas passer par le cinéma, mais peut-être par d’autres formes d’art.
C’est propre à chacun…

Vous évoquez le fait que le livre s’adresse un public assez large.

Je trouve qu’il y a pas mal de dessins animés cités, dans des styles variés et qui abordent des thèmes différents.

Je pense que tout le monde peut y trouver son compte !

cinetherapie enfants dessins animes


Le cinéma : un art au-delà du loisir

Moi personnellement, je l’ai trouvé très pratico-pratique, même si évidemment il est aussi théorique, parce que vous êtes docteure en psychologie également…

Donc j’imagine que vous aviez certaines références théoriques en tête lors de l’écriture…
Sur lesquelles vous êtes-vous appuyée pour l’écriture de ce livre ?

C’est vrai que ça me paraissait important qu’il y ait suffisamment de théorie pour étayer cette thérapie quand même assez nouvelle.

Parce que souvent on associe le cinéma – à juste titre – à du loisir
Donc la transition d’en faire un outil thérapeutique, n’était pas forcément évidente pour tout le monde…

Ca paraissait important d’avoir ces références pour montrer que c’était quelque chose de basé sur de plus en plus d’expériences, au travers du parcours de différents types de psychologues.

J’ai lu plusieurs ouvrages américains, français, notamment le livre de Patrice Gilly qui est très bien…
(cliquez ici pour retrouver une interview de Patrice Gilly)

Cinémathérapie et psychanalyse


Pour tout ce qui est la partie “interprétation des dessins animés“, je me suis basée sur un livre de Djenati qui s’appelle “Psychanalyse des dessins animés“.
(cliquez ici pour une émission “Chemins de la philosophie” sur “Psychanalyse et contes de fées“)

Lui-même inspiré d’un autre livre qui m’a beaucoup, beaucoup inspirée, qui est “Psychanalyse des contes de fées” de Bettelheim.
Il traite de la symbolique qu’on retrouve dans les contes de fées et qui est très présente aussi dans les films, et les dessins animés.
Un livre très intéressant.
(cliquez ici pour lire un article du Cairn sur le “Test des contes de fées“)

Héros et inconsient collectif

Le livre de Joseph Campbell, qui parle duvoyage du hérosest aussi très enrichissant.
Il explique les grandes étapes que l’on peut retrouver dans le parcours des héros, issus d’un grand nombre de mythes au travers des cultures et civilisations du Monde.
(cliquez ici pour une émission de France Culture sur Campbell et Star wars!)

Ces deux derniers ouvrages permettent de mieux comprendre comment les films  peuvent nous toucher, en parlant de la notion d’inconscient collectif (développée par Nietzsche). Ce concept de psychologie sous-entend que nous sommes tous connectés au travers de symboles communs aux âges et aux lieux. Cette notion crée un pont entre mythes, contes et cinéma et permet de mieux comprendre leur influence.

C’était donc pour moi important d’apporter de la théorie : mais j’ai tenu également à écrire un livre très concret et pratique, accessible à tous.
Mieux comprendre, pour mieux s’approprier la cinémathérapie au quotidien. Avec soi, comme avec ses enfants, sa famille, les personnes que l’on encadre dans sa pratique…

J’espère que les deux parties sont assez équilibrées… Qu’en avez-vous pensé ?

Je trouve qu’effectivement c’est assez équilibré.
Je trouve ça intéressant en tout cas, le fait de mettre en exergue que le cinéma peut participer à la construction psychique de l’enfant


Contes d’animation et contes de fées : histoire d’dentifications


Est-ce que vous voyez des différences des ressemblances entre les contes anciens et les contes d’animation actuels ?

Pour moi, les dessins animés d’aujourd’hui, ce sont des contes de fées modernes !
Comme je le disais, c’est la première “banque d’images” à laquelle a accès un enfant.
Donc ces dessins animés contribuent aussi à son développement et son épanouissement.

Après, tous les dessins animés ne sont pas propices
Mais en tout cas les dessins animés type long-métrage, après 3 ans, peuvent lui apporter énormément de choses.

Ils peuvent lui permettre de symboliser différentes étapes, comme le font les contes de fées…
L’enfant ne peut pas conscientiser comment il vit tous les changements qui lui arrivent…Autrement dit, il peut difficilement comprendre en toute logique ce qu’il ressent et encore moins le dire.
Par contre, au travers du parcours d’un personnage qui vit symboliquement des étapes très similaires, il peut – sans même qu’il s’en rendre compte – se sentir apaisé pour passer certains caps dans son développement.


Cinéma-thérapie et Happy end


Le conte va l’aider à assimiler certaines ressources, certaines solutions, certaines stratégies.

Il va lui permettre d’intégrer l’idée que même lorsqu’il y a des difficultés, il y a plusieurs moyens pour arriver à une solution
Et qu’il est possible d’arriver à cette solution.

C’est justement tout l’intérêt des “fins heureuses, que l’on retrouve dans les contes de fées et les dessins animés…
L’enfant, malgré toutes les aventures qu’il peut vivre au travers du film (qui sont parfois quand même très dures), expérimente ce réconfort final. Il est rassuré, il sait qu’il est possible de trouver une issue favorable.
Ça lui permet de gagner en confiance dans son développement.

Donc il y a énormément de liens possibles que l’on peut faire entre les dessins animés et les contes de fées.

Il y a aussi plusieurs dissemblances que je décris dans mon livre.
Mais, c’est vrai que le parallèle est quand même évident et que l’impact, si l’on s’en sert bien, peut être très positif.

Avant 3 ans : attention aux écrans !


Peut-être un petit mot sur la différence entre dessin animé et film ?

Et vous avez rappelé l’importance aussi de respecter un certain âge avant de mettre un enfant devant les écrans…
Parce que ce ne sera pas très porteur trop jeune, puisqu’il ne pourra pas tout saisir de ce qui se passe à l’écran…

Qu’est-ce que ça peut apporter de regarder des dessins animés en famille ?

Non seulement, ce n’est pas porteur avant 3 ans… mais ça peut même être nocif pour l’enfant, parce que ça fait trop d’images, trop tôt…
Ça peut saturer tout simplement son cerveau !

(cliquez ici pour accéder aux recommandations de Serge Tisseron pour les écrans selon l’âge de vos enfants)

On peut avoir l‘impression que l’enfant s’intéresse au dessin animé, mais en réalité il est plutôt “absorbé”.
Ça ne lui permet pas d’en tirer quoi que ce soit; si ce n’est qu’il est un peu obnubilé, bloqué.
Et donc il n’a pas accès à ses ressources. Il n’est pas en train d’expérimenter, ni d’apprendre.

L’abus d’écran (au sens « trop souvent », ou « trop tôt ») a des conséquences graves sur le développement cognitif de l’enfant : difficultés attentionnelles, surexcitation, troubles de la mémoire, de l’apprentissage, du sommeil… pour ne citer qu’eux.

Donc c’est vrai qu’à 2, 3 ans ce n’est pas du tout pertinent quelle que soit la forme de l’écran !


Dessins animés versus films


Ensuite, la différence entre un dessin animé et un film…
Un dessin animé est quand même censé être plus calme. Donc il y a moins d’images à la minute, en tout cas ça bouge moins.
Ça permet à l’enfant de plus facilement s’accrocher.

D’ailleurs les dessins animés qui sont trop dynamiques, trop rapides, trop sombres, comme par exemple “Lego Batman“, ce n’est pas du tout adapté pour les plus petits


Bande annonce de Lego Batman le film


Ils provoquent une sur stimulation d’images qui sature les capacités cognitives de l’enfant.
Il n’en retire absolument rien si ce n’est une excitation débordante.

Parce que, comme il a été frustré de ne pas pouvoir assimiler quoi que ce soit, après, il faut bien que ça se traduise d’une façon ou d’une autre !

Les films sont aussi plus réels, puisque ce sont des images qui sont plus proches de ce qu’on vit : ça, c’est moins facile pour un enfant aussi.


Pour les plus petits : le dessin animé est “fantastique” !

Pour un tout-petit, il vaut mieux des dessins animés.

Le dessin, permet de s’immerger directement dans un monde fantastique.

Il joue implicitement le rôle du « Il était une fois » que narraient les conteurs pour commencer leur histoire.
On sait de suite que « c’est pour de faux », du coup, c’est beaucoup plus facile de se projeter dans un univers dessiné.

Entre fiction et réalité : “Il était une fois“, un Disney surprenant et plein d’humour !


Ça fait bien moins peur, parce que ce n’est pas un univers qui nous ressemble directement.

Mais, en même temps, les thématiques sont assez proches pour qu’on puisse aller puiser, dans cet univers fictif, toutes les ressources dont on a besoin.
Donc l’aller-retour entre le réel et imaginaire se fait plus facilement
quand c’est un dessin animé.


Vraiment tous publics ?

Néanmoins, il faut faire attention au dessin animé : sa forme, sa longueur, le contenu
Il y a beaucoup d’astuces dans le livre à ce sujet pour éviter de s’y perdre.

Quand l’enfant grandit, qu’il atteint 6/7 ans, on peut commencer à regarder des films

Il y a des films très  bien adaptés, pour les enfants.
Mais, il faut être attentif car même certains films dits “tous publics” – surtout en France – ne le sont pas du tout !

(cliquez ici pour les classifications par le site “touspublics.fr” de tel ou tel film pour information)


Cinéma jeunesse : s’informer pour adapter


Il est donc important, avant de regarder un dessin animé ou un film avec un enfant de faire quelques petites recherches sur Internet.
Ou sur le livre justement (“Cinéma thérapie par les dessins animés“).
Afin d’avoir des informations pour bien choisir le programme en fonction de l’âge.
Je l’ai construit volontairement comme un guide, un accompagnant qui permet de s’y retrouver au milieu de cette jungle des écrans et des programmations.

Et il y en a besoin, car plusieurs critères entrent en jeu pour faciliter l’assimilation des apports bénéfiques…
Et éviter les frustrations, les pertes de repère… les traumatismes et le sentiment d’incompétence.

Parce que si on montre un film trop complexe, trop tôt, l’enfant peut se sentir “pas intelligent”, puisque ses parents comprennent et lui non !

Même si en réalité c’est le film qui n’est pas adapté à l’enfant, ce dernier peut se sentir rabaissé.
Cela peut induire une baisse de confiance qui n’est pas souhaitable pour l’enfant.

C’est vrai que ça n’a pas l’air, mais c’est important de savoir bien choisir les films !


Petits et grands devant l’écran !


Ce qui va faire la différence d’ailleurs, et qui est très important – parce qu’on peut faire des erreurs même quand on fait attention- c’est d’être avec l’enfant pendant qu’il regarde le dessin animé ou le film.

En vivant l’expérience ensemble, le parent peut mieux comprendre les émotions de son enfant et l’enfant, lui, se sent moins seul.

De fait, il est plus en confiance, il sait qu’il y a quelqu’un avec lui dans ce voyage “imaginaire/réel”.

De plus, le parent est là aussi pour répondre à ses questions, à ses interrogations… pour le rassurer, l’apaiser si besoin est.

C’est très très important, c’est même la clé pour que le moment cinéma se passe bien : Être là avec l’enfant.

(cliquez ici pour accèder à des ressources du site Education à l’image)

Cinéthérapie familiale : Ateliers Cin’éveil !

Donc là on évoque tout ce qui est parentalité

Vous êtes particulièrement spécialisée dans ce champ-là : vous menez notamment des ateliers qui s’appellent “Cin’éveil en famille
Est-ce que vous pouvez nous en dire davantage sur cette activité d’atelier que vous avez en parallèle de votre activité parallèle je suppose ?

Oui c’est ça.

Les ateliers “Cin’éveil en famille ce sont des ateliers avec les parents et les enfants. Le parent au sens d’accompagnant : car ça peut être aussi le grand-parent ou le beau parent d’ailleurs…

Cela se passe en trois étapes, trois étapes qui permettent de transformer un moment ludique en moment constructif : partager, communiquer et expérimenter.

– D’abord, je projette des extraits choisis d’un dessin animé sélectionné pour les thématiques pertinentes qu’il aborde. Parents et enfants peuvent se blottir l’un contre l’autre pour partager ce moment.

– Ensuite, on va discuter, avec les enfants, avec les adultes, de la thématique en question… Au travers de questions ludiques et adaptées à l’âge, on peut aborder des thèmes et des sujets très intéressants.  

– Enfin, on va jouer.
On va faire des expérimentations, on va faire des tests, on va s’amuser, on va dessiner…
Pour assimiler concrètement et plus durablement ce qu’on a compris au travers du film.

A chaque dessin animé sa thématique…


Donc c’est vraiment différent en fonction des dessins animés.

Coco : la passion de la musique
Vaïana : en mer !
Aladin : rencontre au marché

Par exemple avec « Coco », on va travailler sur la famille, sur l’héritage positif que nous apporte nos parents…

Avec « Vaïana » on va travailler sur les nuances : c’est-à-dire on n’est pas, soit méchant/soit gentil, soit courageux/soit peureux
Mais on est toujours un mélange de tout ça.
Cette idée rassure beaucoup les enfants et leur permet de ne  pas se sentir enfermer dans une case.

Avec « Aladin » on a pu expérimenter et comprendre le partage.

Avec « Lilo et Stitch » on a pu travailler sur l’amitié et le harcèlement

Et avec “La Reine des Neiges” et « Vice-versa » on développe beaucoup sur les émotions

Lilo et Stitch, l’adoption
La Reine des neiges : crise entre soeurs !
Vice versa : les émotions en fête !

Le tout c’est toujours d‘aborder les thématiques qui peuvent permettre à l’enfant de grandir, au sens de trouver des ressources pour se sentir bien dans sa vie.

Comme le parent est là avec l’enfant, il fait ce petit voyage avec lui.


Cinéthérapie de la vie quotidienne !

La présence parentale permet une certaine continuité dans la vie de tous les jours.  

Par exemple, avec « Le Roi lion », on fait un dessin de “l’espace ressource dans lequel on peut aller se régénérer et récupérer de l’énergie… en prenant exemple sur l’étape Hakuna Matata dans “Le Roi Lion“.

Ce dessin-là, l’enfant le garde. Il peut ainsi choisir d’aller faire un voyage dedans dès qu’il en ressent le besoin

Et le parent, en ayant participé à l’atelier, peut lui rappeler qu’il a ce support, et l’inviter à le faire s’il en a envie. « Tu te rappelles le dessin que tu as fait à l’atelier cin’éveil ? Tu pourrais peut-être t’en servir ? »

Donc, ça permet une certaine continuité et, un moment d’échange de partage


Cinéthérapie et dialogues en famille


Autre exemple, dans l’atelier sur « Coco », certains
parents ont pu parler avec leurs enfants des grands-parents, et d’aborder des thématiques parfois complexes comme la maladie

“Coco” : liens transgénérationnels en musique !

C’est très, très, vaste !
Avec le cinéma on peut aborder des messages qui peuvent paraitre trop compliqués de manière directe.
Là ça fonctionne de manière très fluide avec les enfants, puisque on passe au travers de quelque chose qu’ils ont vu…

Ils se sentent moins seuls par rapport à cette thématique que les personnages ont ressentie aussi

(cliquez ici pour un article Télérama : 3 films pour enfants pour aborder la question de la mort)


Projets cinéthérapeutiques en cours et à venir

Comment vous est venue l’idée d’atelier ?
Est-ce que vous le faites en partenariat avec des institutions ? Est-ce que vous êtes seule à les animer ?

Je les anime pour l’instant dans une structure qui s’appelle “Maman bulle“, qui est là pour accompagner les mamans, avant et après bébé.

Je devrais intervenir aussi, prochainement si le Covid de permet, dans les bibliothèques de Nice… toujours pour faire ces ateliers “Cin’éveil”.

Et je suis en train de créer aussi des ateliers qu’il sera possible d’acheter sous forme de cours.
Ce sera sur une plateforme qui s’appelle “Comptoir des cours“, dédiée à la parentalité. Elle offre plein d’astuces et de cours pour accompagner les enfants et leur permettre de se sentir bien.

Ce qui est tout à fait adapté en temps de confinement !


Cinémathérapie jeunesse en 3 étapes


Ça reprend un petit peu l’idée des fiches que vous proposez dans le livre, sur chacun dessin animé
Avec des exemples concrets tirés aussi de votre expérience de thérapeute, avec des jeux, les activités qui sont proposées… ?
Est-ce que c’est ça aussi qui fait l’atelier Cin’éveil en famille ?

De toute façon, il y a toujours cette logique en 3 étapes que ce soit dans le livre, les ateliers, ou les cours que je suis en train de créer pour la plate-forme.

L’étape partage, où l’on vit le film ensemble, on ressent les émotions ensemble.

Il y a l’étape dialogue, où l’on va communiquer, poser des questions à l’enfant, répondre à ses interrogations par la discussion…
Ça permet d’aborder des thématiques très intéressantes.

Et enfin, il y a l’étape expérimentation par le jeu.
On va concrétiser ce qu’on a vu avec des mots, pour pouvoir vraiment se l’approprier, l’internaliser.

C’est toujours ces trois étapes-là que l’on retrouve qui sont importantes.


Filmothérapie personnelle : retour en enfance


On arrive à la fin de cette interview…
Alors peut-être finir sur une touche un peu plus personnelle : vous, en tant que spectatrice, est-ce que vous pouvez nous donner des films, ou des dessins animés, qui ont pu vous toucher ?

Et pourquoi vous avez été particulièrement inspirée par telle ou telle oeuvre cinématographique ?

Alors la liste pourrait être longue !

Je dirais que j’ai eu la chance d’avoir l’âge idéal pour la série de Disney : “Le Roi lion”, “Aladin”, “La petite sirène”, “La Belle et la Bête”, “Mulan”.

J’en ai beaucoup profité !

Et c’est vrai que tous ces personnages forts et fragiles à la fois, j’ai trouvé ça très stimulant.

La petite sirène : le mal de terre !
La Belle : pas si bête !
Mulan : “G.I. Jane” version Disney !

Filmographie inspirante adulte


Après en tant qu’adulte, beaucoup de films m’ont inspirée

Je pense notamment à un film : en anglais, c’est « Bridge to Terabithia » (“Le secret de Terabithia” en français).

Je le trouve magnifique !

D’ailleurs, je m’en sers souvent avec les adultes en cinémathérapie.

Il permet notamment de bien comprendre le pouvoir de l’imaginaire sur le réel
Et comment nos croyances, ce qu’on perçoit, induisent notre capacité à faire face à notre vie réelle.

Il est très inspirant ce film.



Après, je pense aussi un autre film qui s’appelle “Un monde meilleur“.

Alors je ne dirais pas qu’il est joyeux, je ne sais pas si vous l’avez déjà vu, mais il est magnifique !

Et il donne vraiment envie d’agir à son petit niveau, pour faire évoluer le Monde dans un sens qui nous ressemble…

Je trouve qu’il est particulièrement d’actualité, aujourd’hui où l’on a bien besoin d’initiatives positives !

Et vous : “vous allez passer le relais” ?!


Films inspirants : toujours joyeux ?


Vous évoquez la différence entre “film inspirant”, et “film joyeux”… Est-ce que vous pouvez nous donner votre définition de ce que c’est un film inspirant pour vous ?

Un film inspirant, c’est un film qui va nous toucher, qui va résonner. Qui va faire écho à quelque chose qui parle en nous.

Du coup, ça va réveiller une sorte de dialogue intérieur, qui va nous permettre d’accéder à une autre perception des choses.
Et cette autre perception-là va nous inspirer.

Ce n’est pas forcément un film joyeux, parce que ce qui nous touche parfois c’est justement les difficultés
Comme ça peut être le cas dans “Un monde meilleur“…


Films de Noël : faisons le plein d’ocytocine !


Par contre, un film joyeux peut être inspirant aussi bien entendu ! (rires)
Je pense notamment à tous les films de Noël, qui font énormément de bien, même s’ils sont très “cucul la praline” !

(cliquez ici pour 8 idées de films de Noël sur Disney+, ou ici pour 6 sur Netflix)

Ils apportent une autre façon de voir le monde aussi : même si, c’est un monde complètement fictif, ça fait du bien !

Il paraît même que ça stimule la sérotonine et l’ocytocine qui sont des hormones de plaisir et de satisfaction.
Donc du coup (rires), physiologiquement parlant, c’est bon pour la santé !

On peut faire aussi le plein d’ocytocine devant l’écran !

Dessins animés recommandés

Pour finir est-ce que vous auriez des dessins animés à recommander à voir en famille, justement on période un petit peu particulière…
Ou a contrario à déconseiller ?
En tout cas, pour finir sur la positive, à recommander déjà !

(cliquez ici pour accéder au groupe facebook où Virginie Lemaire chronique les dessins animés au fil de leur sortie !)

À recommander : il y a énormément de films possibles

Il y a beaucoup de Disney qui sont quand même dans l’ensemble, assez bien construits, il n’y a pas trop “d’erreurs” au niveau de Disney et de Pixar
Les deux derniers « En avant » et « Soul » sont justes magnifiques.*

“Soul” : improvisation sur l’au-delà !



Après, dans les Dreamworks” il y en a qui sont très beaux également.
Je pense par exemple à :
« Dragons »,
« Les trolls 1 »,
« Abominable »
et les « 5 légendes ».

Les studios peu connus peuvent également créer de jolies surprises qui abordent intelligemment des sujets intéressants :
« Le parc des merveilles »,
« Les incognitos »,
« Yéti et compagnie »…

Sans oublier les merveilles françaises (saga de « Kirikou ») et japonaises (« Totoro », « Ponyo »).

Je ne peux être exhaustive tant les possibilités sont larges.

“Mon Ninja et moi” : à ne pas mettre devant tous les yeux !


Ceci dit, tous les dessins animés ne sont pas bons. Il y en a même à vraiment bannir de vos écrans.
Dernièrement, dans les films vraiment à déconseiller, nous avons vu: « Mon ninja et moi » qui était une catastrophe à tous les niveaux pour les enfants… C’est totalement inadapté !

Il est vulgaire et aborde des thématiques très dures, de façon totalement inappropriées : le travail clandestin d’enfants, la maltraitance, l’infanticide, la drogue, de la sexualité, la violence, les envies de meurtre…
Tout y est !

Bref, c’est sans cohérence, sans… (je n’ai pas envie de dire “morale” car le mot est très enfermant) mais disons sans logique, ni messages intéressants auxquels l’enfant pourrait se raccrocher.

Et c’est un film très angoissant !
Bref, c’est un dessin animé, mais ce n’est pas du tout, du tout, fait pour les enfants !

Mon Ninja et moi” : âmes sensibles s’abstenir !


“Ceci n’est pas un film pour enfants”


Donc effectivement, bien se renseigner avant de voir un dessin animé !
Parce que, même si il a l’apparence d’un dessin animé, ce n’est pas forcément pour la famille !

Je pense par exemple aussi à des films comme « Sausage party » (rires) où pas mal de parents se sont trompés, en voyant juste l’image qui a l’air d’une gentille saucisse !
Mais non, ce n’est pas fait pour les enfants !

Sausage party” : le titre en dit-il suffisamment long ?!


Miyazaki : mangas oniriques


Pour finir sur la fameuse note positive, il y a beaucoup de Hayao Miyazaki qui sont très jolis aussi, très oniriques.

Ils sont très beaux à voir, mais là encore attention à l’âge.
Donc, bien se renseigner à l’avance.

  • manga cinematherapie


Pour les tout-petits, il va y avoir “Ponyo” et “Totoro“.
Ils sont faciles d’accès autant l’un que l’autre, et les enfants adorent…

(cliquez ici pour un article sur “Totoro : 1er film à montrer à ses enfants!”)

“Ponyo sur la falaise” : rencontre avec une drôle de petite “sirène” !
“Mon voisin Totoro” : scène culte de l’arbre !

Spectateurs-ices : soyons acteur-rices et créatif-ves !


Merci beaucoup en tout cas pour cette interview !
Est-ce que vous souhaitez rajouter quelque chose ?

On a tous la possibilité de trouver des ressources dans l’art.
Le cinéma, en tant que 7eme art, ouvre des voies vers toutes les autres formes d’art et de créativité en général.  

Les moments de partage, les idées nouvelles, les dialogues, les activités proposées dans le livre sont autant de créations qui nous façonnent et nous font du bien.  

Et ça, dans cette période où l’on est poussé à se replier sur soi, c’est particulièrement pertinent : pour nous en tant qu’adulte, et pour les enfants
Parce que non seulement ça occupe ! (rires)
Et en plus, vraiment, ça construit !

Donc, le cinéma et plus spécifiquement la cinémathérapie permettent d’utiliser au mieux notre temps, d’en faire une opportunité pour découvrir d’autres aspects de soi,  de sa famille et du monde…Une porte ouverte vers soi et les autres, sans problème de distanciation sociale !

Alors, allons-y volontiers, que ce soit en temps de confinement ou pas !

Faites-vous plaisir avec l’art et le cinéma !

Et bien, écoutez, on va finir sur cette jolie phrase : “Faites vous plaisir avec l’art et le cinéma !”
Merci encore et puis au plaisir d’une prochaine interview sur le blog !

Merci beaucoup !

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