Cinéma et Thérapie : frère et soeur Lumière !

Cinéma et Thérapie : frère et soeur Lumière !

22/11/2020 2 Par Cinémathérapie


(cliquez ici pour découvrir également l’article
sur la filmothérapie, des films pour aller mieux)

Cinémathérapie : « A fond la forme » sur son canapé !

La plupart d’entre nous aimons regarder des films. Mais, on peut avoir l’impression de perdre notre temps devant l’écran….
Pourtant, nous pourrions utiliser le cinéma comme moteur de développement personnel ! Voire même, en tester les bienfaits thérapeutiques de certains films.

Le 7éme art s’avère un outil puissant de communication de valeurs. La cinémathérapie est une méthode innovante basée sur des principes thérapeutiques traditionnels qui s’inscrivent dans le champ de l’Arthérapie.

Certains thérapeutes se servent donc d’un média visuel pour accompagner leur patientèle. Cependant, la cinéthérapie n’a pas vocation à remplacer une démarche de soin personnel, mais peut être complémentaire à une psychothérapie classique. Elle consiste à visionner un court ou long-métrage et à utiliser son « effet-miroir », ou « identification projective ».
(cliquez ici pour accéder à un article de Cairn sur cette notion de l’effet-miroir)

C’est selon moi, tout l’intérêt et le pouvoir de la cinémathérapie : elle utilise le scénario, la musique, les images, comme moteurs de transformations intérieures, voire de guérisons émotionnelles.

La « thérapie filmique », ou « filmothérapie », peut se décliner sous différentes modalités, selon l’objectif : libération émotionnelle, catharsis, connaissance de soi (introspection et auto-analyse de ses motivations et actes), auto-coaching

Selon cette approche, il s’agit préalablement de se « préparer » à regarder un film « en (pleine) conscience », puis voir comment il nous affecte, nous « rencontre ».

Le choix de l’œuvre est donc également déterminant. L’idéal serait peut-être de pouvoir visionner le film en question chez soi, afin de pouvoir exprimer ses émotions au besoin. D’autant plus que cela offre la possibilité de se repasser une scène particulièrement signifiante, ou énigmatique…

Il n’est pas toujours aisé de « s’isoler » dans une salle de cinémaCependant le cinéma présente l’avantage d’une immersion plus complète, les distractions étant moindres. Le fait également d’être « hors de chez soi », peut soit être pour certain-e-s source d’insécurité, soit au contraire moteur pour une ouverture au changement

Dans tous les cas, pour expérimenter pleinement une expérience cinéthérapeutique, il est essentiel de se questionner après la séance.

Au-delà de l’aspect technique du film et de nos goûts cinématographiques, il s’agit plutôt d‘identifier si l’on a été sensible à tel ou tel aspect, ému-e, dérangé-e par une scène etc. Puis, d’y réfléchir et d’essayer de comprendre pourquoi par exemple telle ou telle blessure semble ravivée. Peut-on grâce à tel ou tel personnage, entrevoir des nouvelles façons d’agir, de penser, de réagir ? Peut-on trouver quelques pistes de réponses, un exemple inspirant ? Quels messages en tirer ?

L’idée dans tous les cas est essentiellement de nous aider à mieux cerner notre problématique, à davantage se connaître et à prendre du recul sur notre situation. Nous pouvons comparer nos valeurs et celles partagées dans le scénario, établir des comparaisons entre notre histoire et celle qui se déroule devant nos yeux. Nous pouvons anticiper sur nos réactions : s’il nous arrivait ça comme tel personnage, que ferions-nous ?

L’important n’étant pas de trouver des réponses dans un premier temps mais simplement de se poser des questions pertinentes et aidantes. Nous pouvons face à tel-le héros ou héroïne trouver des contre exemples ou des modèles inspirants… Et retrouver ainsi espoir et détermination.

Un accès à notre intériorité et à notre vie émotionnelle nous est également offert sur un écran !

Une œuvre filmique visionnée au moment opportun, et dans des conditions optimales peut donc constituer une aide précieuse et facile d’accès.

Et qui plus est, cela peut être l’occasion de s’offrir une pause dans un quotidien survolté, de déconnecter, la cinémathérapie pouvant également s’inscrire dans le champ plus large du développement personnel et du « bien-être ».

Découvrons ensemble l’histoire de la cinéma thérapie :

Si le rêve est l’accès privilégié à l’inconscient, le film aussi 😉

La psychologie et le cinéma se rencontrent dans la thérapie par le cinéma.

(cliquez ici pour découvrir également l’article
sur la filmothérapie, des films pour aller mieux)

Naissance conjointe : psychologie et film

En fait, les deux sont nés presque simultanément, à la fin du XIXe siècle.
L’on situe l’origine de la psychologie en tant que discipline en 1879.
C’est alors que le physiologiste, philosophe et psychologue Wilhelm Wundt crée, en Allemagne, le premier laboratoire de psychologie expérimentale.
(cliquez ici pour une vidéo présentant les débuts de la Psychologie)

D’autre part, on pense que le début du cinéma a eu lieu en décembre 1895, lorsque les frères Lumière créent une série d’images projetées dans leur laboratoire.

Ce lien entre psychologie et le cinéma, se poursuit et se renforce au fil du temps.
En effet alors que le physiologiste Ivan Pavlov présente sa théorie sur les réflexes conditionnés en 1904, et qu’Alfred Binet établit les premiers tests de mesure de l’intelligence, le magicien Georges Méliès monte un studio d’enregistrement à Paris.
Il y créera des films tels que « Viaje à la Luna » et sera considéré comme le précurseur de la science-fiction cinématographique.

(cliquez ici pour découvrir la filmographie de Georges Mélies)

Le fameux « Voyage dans la Lune » de Mélies

Liens entre psychologie et cinéma

Si ces deux disciplines évoluent en parallèle, c’est qu’elles présentent quelques similarités
La psychologie fait partie intégrante des différentes phases du processus de création d’une oeuvre cinématographique.
Notamment dans l’élaboration des caractéristiques de la personnalité des personnages, de leurs histoires et leurs dynamiques relationnelles et dans l’interprétation par les acteurs eux-mêmes.

Par ailleurs, de nombreux films traitent de la psychopathologie, de l’univers psychiatrique, du rôle du clinicien

Du divan à l’écran …

Plusieurs « psys » sont devenus célèbres au cinéma, comme dans « Will Hunting« , « Oui, mais« , ou encore « Deux moi« , « Petites confidences (à ma psy)« , « Jimmy P. ( Psychothérapie d’un Indien des plaines)« 

(cliquez ici pour accéder à une liste de films mettant en scène un psy)

Matt Damon et les psys dans « Will Hunting » : rencontres hautes en couleurs !

Pour ce qui est de la présentation de troubles mentaux, quelques pépites du grand écran :
– la dépression : « Helen », « Melancholia », « Virgin suicides », « Intérieurs »
– la schizophrénie : « Un homme d’exception », « Black Swan », « Birdman », « Fight club »
– la bipolarité : « Respiro », « Une femme sous influence », « Happiness Therapy »
– la perversion : « Le silence des Agneaux », « Dans ses yeux », « Respire », « A perdre la raison« 
– la paranoïa : « Complots », « Le locataire », « Pi », « Martha Marcy-May Marlene »

Un cinéma qui guérit

Dès 1947, le Dr Gary Solomon conscient des avantages du cinéma comme média thérapeutique, l’utilise notamment pour ses effets émotionnels auprès de sa patientèle.
Auteur de « The Motion Picture Prescription » and « Reel Therapy » , il soutient que visionner des films, sur petit ou grand écran, «peut avoir un effet positif sur la plupart des gens, sauf ceux souffrant de troubles psychotiques».

En 1998, John W. Hesley, Jan G. Hesley, quant à eux parlent de « vidéo-travail » pour évoquer la cinémathérapie, qu’ils promeuvent dans  » Rent Two Films and Let’s Talk in the Morning « .
Dans cet ouvrage, dans l’idée d’accompagner le processus thérapeutique, ils partagent quelques scènes de films choisis (notamment de par leur caractère identificatoires).
Pour ce couple de thérapeutes, le média cinéma est idéal car facile d’accès, simple et ludique.
Depuis l’enfance, nous avons tendance à attribuer une intention à tout objet animé ou apparemment animé. Lorsque l’on regarde un film,

La cinémathérapie peut également être pratiquée en groupe : ainsi que le propose le Dr. Mehmet Fuat Ulus, en 2003, dans son livre « Movie Therapy, Moving Therapy« .
L’oeuvre cinématographique offre la possiblité d’ouvrir sur un débat d’opinions, un partage en groupe des ressentis et assocaitions… Chacun-e pouvant s’exprimer sur ce qu’il a retiré, compris, retenu du film etc.

Le cinéma peut rendre « meilleur-e »

Daniel Mangin (1999) fait remarquer que le cinéma peut influer sur les comprtements dans un sens comme dans un autre.
L’impact du film est davantage émotionnel qu’intellectuel et rationnel…
Ainsi, tel film peut induire des comportements violents, alors que tel autre encourage plutôt à des attitudes porteuses.
Selon cet auteur, la cinémathérapie peut être indiquée pour des symptômes complexes à traiter, telles que les problémtiques addictives

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